Entretien avec Gaëtan Brouillard, préparateur physique (1/2) - DRAGONS DE ROUEN


ENTRETIEN AVEC GAËTAN BROUILLARD, PRÉPARATEUR PHYSIQUE (1/2)


 

Comme lors d'un match, plus le temps passe dans la saison, plus la condition physique devient déterminante. L'organisme est de plus en plus sollicité et l'importance d'être correctement préparé devient prépondérante.

Au sein du Rouen Hockey Elite 76, cette mission revient à Gaëtan Brouillard, 35 ans, préparateur physique en chef des Dragons (Magnus, D2 et U20) depuis 10 ans et directeur du Centre d'Entraînement et d'Optimisation de la Performance Sportive (CEOPS) à Rouen (voir ici).

 

rhe76.com : Quand et comment commence ton travail de préparation ?

Gaëtan Brouillard : Si on raisonne à l'échelle d'une saison, le gros du travail se fait l'été. A la fin d'une saison, le temps que les joueurs échangent avec la direction, ils partent en vacances et, très tôt, au bout de trois semaines peut-être, je reprends avec les jeunes. 

Certains me demandent un programme "maison" quand ils ne sont pas sur place, mais ils sont de plus en plus nombreux à se payer les services de coachs privés. Ça leur permet de ne pas travailler seul et moi de pouvoir échanger avec leur coach pour avoir des retours sur leur travail. 

Et quand c'est possible, on fait venir les joueurs dès que possible à Rouen, comme Kévin Dusseau l'été dernier, qui est arrivé très tôt à Rouen pour bien se préparer à "notre façon".

 

rhe76.com : "Notre façon" ?

G. B. : Disons plus "comment, moi, je vois la préparation d'un joueur de hockey". Pour moi, la meilleure préparation, c'est celle où tu as de la glace !

Le système de locomotion sur la glace est tellement spécifique, que c'est dur de retrouver la même chose en hors-glace. C'est bien beau de faire de la musculation ou de courir dehors, mais tu n'es pas dans la spécialité. C'est un peu comme si tu disais à un pianiste de faire des pompes à côté de son piano...

Je prends aussi souvent cet exemple : imaginez un joueur de foot à qui on enlève le ballon et le terrain pendant 3 mois pour faire de la muscu’ et du vélo et à qui on demande d'être prêt dès qu'il arrive...

 

rhe76.com : Comment faire dans ce cas ?

G. B. : Il y a évidemment toujours beaucoup de travail effectué en salle. Mais on a des exercices de plus en plus spécifiques qui se rapprochent de ce dont les joueurs ont besoin pour patiner.

On s'éloigne de plus en plus des basiques que les gens peuvent connaître : squats, développé-couché, haltérophilie... On continue d'en faire. Mais j'ai tendance à en faire de moins en moins pour privilégier le "spécifique".

Des exercices directement liés au patinage, de power skating, que j'ai pu découvrir grâce à la DTN du short-track dans leur centre d'entrainement à Font-Romeu  et avec l'expérience d'Ari Salo, coach assistant et Responsable du Centre de Formation.

 

"Je suis exigent, mais je ne suis pas un préparateur "militaire". Je reste flexible, proche et à l'écoute des joueurs".

 

rhe76.com : Beaucoup le bas du corps en fait ?

G. B. : Le patinage est évidemment très important. C'est comme savoir bien courir ! Celui qui sait bien courir techniquement va être économique sur sa course, Il diminue au maximum les pertes d'énergie, donc il est moins fatigué, ça lui coûte moins niveau énergétique et à la fin, il est plus rapide. C'est pareil. C'est fondamental pour atteindre le très haut niveau.

Le haut corps on le travaille en renforcement. Pour la puissance des shoots notamment. Ça reste un sport avec beaucoup de contacts. Mais je le vois plus comme un "amortisseur de chocs".

Ce n'est pas ma priorité. Avant, je le faisais beaucoup plus, "bodybuilder" les joueurs en quelque sorte. On continue, mais davantage avec les jeunes qui peuvent avoir un déficit physique.

 

rhe76.com : La préparation physique s'individualise-t-elle ?

G. B. : Exactement ! Elle l'est beaucoup plus qu'avant. Elle n'est pas encore complètement individualisée "un pour un". Pour certains "oui", mais pour d'autres qui ont les mêmes besoins, on organise différents groupes de travail.

Ce n'est pas comme un sport individuel. C'est "facile" de suivre et de préparer un seul athlète. Avec un groupe de 24, c'est plus compliqué. 

Mais malgré tout, on a un suivi personnalisé. A chaque "grosse séance", chaque joueur a sa fiche et son entraînement.

 

rhe76.com : Et pendant la saison ?

G. B. : En priorité, c'est la prévention des blessures. Mixée avec une préparation plus axée performance  pour les matchs bien sûr.

L'autre partie, c'est le maintien du travail qui a été fait pendant l'été. De faire en sorte que le joueur perdent le moins possible de condition, avec à nouveau de grosses séances physiques à certaines périodes de la saison.

 

La suite de cet entretien, dès demain sur rhe76.com.

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 PUBLIE LE LUNDI 12 FéVRIER 2018
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